3ème course : Stop aux vaches à hublot 1er septembre 2019 : Châteauneuf au Tignet – 23 km

Une vache à hublot ou vache fistulée ou vache canulée est une vache sur le flanc de laquelle des scientifiques ont pratiqué une ouverture et y ont placé une canule fermée par un clapet, pour pouvoir y introduire le bras et accéder au contenu du rumen, l’un des quatre compartiments gastriques de la vache. Cet équipement vise à servir la recherche vétérinaire et agronomique, comme si nous en avions besoin pour faire avancer la science !

La pratique barbare de la canulation ruminale est attestée en 1833 dans le cadre des expériences de Pierre Flourens sur les mécanismes de la rumination. Dans un mémoire de l’Académie des sciences, Flourens décrit la manière dont il a pratiqué des ouvertures dans chacun des quatre compartiments gastriques de plusieurs moutons en établissant ce qu’il appelle des « anus contre nature ». Faisons un « anus contre nature » aux êtres humains ! Que vont-ils ressentiront-ils ?

Evidemment, ils ressentiront une extrême douleur et une souffrance atroce comme ces pauvres vaches sur qui les chercheurs pratiquent de la canulation dans des bâtiments construits au nom de la science où l’horreur règne sans partage, où la « créativité humaine » devient tortionnaire. L’exigence scientifique au nom de la productivité et de l’amélioration des rendements ! Qu’ils nous semblent lointains ces paisibles bocages normands où ruminaient en paix dans un pâturage verdoyant les vaches de nos parents.

Il fait encore chaud en cette matinée de printemps et la soif se fait sentir.

Ma pensée au rythme de mes foulées s’égare : à quoi bon toutes ces souffrances animales ? Moi, ma douleur dans la course sans fin, je la vis en partage, je la vis dans l’espoir de jours meilleurs. La route serpente âprement, le parcours se doit d’être difficile, je transpire. Je revois la savane de mon enfance, les troupeaux libres des Peuls au pas lent et cadencé de bêtes à cornes majestueuses, au regard fier…Certes au bout du voyage, dans l’errance des hautes herbes, il y a encore et toujours la mort, mais cette liberté, ce plaisir d’humer le vent, cette brise qui caresse l’échine, ce soleil si fort qu’il en devient aveuglant restent une marque de respect, un lien entre l’homme et l’animal…

Texte : Mahamadou Siribie

Crédit photos : Christiane Catala Viale